Exposition au Domaine Départemental de l'Essonne. (Société d'art de Corbeil-Essonnes)
- "L'Art d'être dans les marais comme dans la vie", travail sur les quatre saisons (Marais de Misery).
- "Espaces sensibles" Habillage de "ragondins et filet" sur algéco (Idée inspirée d'un élevage de ragondins sur le lieu au XXe siècle.
Exposition à la Médiathèque Chantemerle à Corbeil-Essonnes. (Société d'art de Corbeil-Essonnes)
Habillage de fenêtres, inspiré du vitrail de Fernand Léger
Exposition au centre de santé, dans le cadre de la campagne de dépistage du cancer du sein.
Exposition à la Commanderie St Jean. (Société d'art de Corbeil-Essonnes)
Hésitation pour la Femme faite de pleins et de déliés, qui offre la légèreté, qui s'invente continuellement.
Participation pour la Femme, feu, air, terre, profonde par nature, mystérieuse et qui est le lien de l'Homme à la vie.
Exposition à la Commanderie Saint Jean. (Société d'art de Corbeil-Essonnes)
Pigeon en liberté, pigeon ficelé, on n'échappe pas à son sort.
Exposition au centre médico-psychologique Les Mozarts à Corbeil-Essonnes.
En partenariat avec l'association arimage, cette exposition permet de mêler l'art et la psychiatrie.
Avec des amis, le jour du vernissage.
Morsang sur Orge, avec l'association Les Temps Mêlés. Scénographie Sabine Stellittano
Immeubles à travers ciel, poussière de ronces,
épaves retournées, gravas, poutres et toiles
d'araignées
se disputent le souvenir
d'une absence
Antoine Duprez (atelier d'écriture animé par Jacques-François Piquet)
Exposition à la Commanderie St Jean à Corbeil-Essonnes (Société d'art de Corbeil-Essonnes).
Corps blessé
Corps éclaté
Corps sondé
Exposition à la Commanderie St Jean à Corbeil-Essonnes (Société d'art de Corbeil-Essonnes).
La bourse, le bien manger.
La question de l'alimentation dans nos sociétés est inséparable du combat pour l'émancipation humaine et la sauvegarde de la planète.
Retrouver le goût de la convivialité et du partage, respecter la nature, sont des enjeux d'avenir.
"Femmes, aux arts!"
Exposition à la galerie d'Art de Corbeil-Essonnes.
Est évoquée non pas une féminité, fantasmée et iconique, mais des féminités, comme autant de propositions plastiques, proposées par quatre femmes artistes de grand talent :
Laurence Bernardet, Anne Boutin-Coutin, Céline Chouvenc, Nicole Meresse.
Exposition d'Annmarie Léon, sculpteure et de Nicole Méresse, peintre.
Exposition à la Commanderie St Jean à Corbeil-Essonnes (Société d'art de Corbeil-Essonnes).
La sœur résiste au rouge, absorbée par le gris. Un homme tombe, un autre attend, le troisième espère. Le pigment, soufre et mercure, ne doit pas être chauffé. Inversement, les secrets restés congelés deviennent toxiques.
Exposer l’œuvre et le rouge chaudron consumera les histoires.
Marcelline Roux
Exposition à la Commanderie St Jean à Corbeil-Essonnes (Société d'art de Corbeil-Essonnes).
Aventure de vie
La marche en montagne me fait penser
au déroulement de la vie, d'une vie
les embûches
les vertiges
les précipices
l'effort et les douleurs
la solitude et le partage
on avance doucement, parfois on a peur
les moments de découvertes
les couleurs du vert tendre au vert foncé, le gris des pierriers
la blancheur de la neige, le ciel étoilé...
la route est longue, c'est l' AVENTURE.
La société d'art de Corbeil-Essonnes fête les 30 ans du Parcours d'artistes.
Exposition des présidentes, à la galerie d'art de Corbeil-Essonnes, où mes œuvres sont exposées.
Et aperçu partiel du dernier travail dans l'atelier.
Exposition au théâtre de Corbeil-Essonnes (Société d'art de Corbeil-Essonnes).
"L"Humanité en danger
Création d'une société qui ôte toute humanité
Des populations entières restent dans l'ombre."
La toile prévue pour l'exposition est prête après un mois de travail.
2 janvier 2024 incendie de l'atelier, la toile est détruite.
Après deux jours d'abattement et de colère, j'achète une toile et trois couleurs, je ramasse des débris (bois brûlés, cendres) sur le lieu de l'atelier détruit.
Pendant deux jours, je m'acharne à créer une nouvelle toile.
Lundi matin, deux jours avant l'exposition la toile est finie, je la regarde, surprise et contente, je serai présente.
"Ne vous étonnez jamais
de voir une rose se relever"
Mosab Abu Toha
Premier parcours dans le nouvel atelier.
L’INCENDIE
MORD LA SÈVE
Texte écrit par Marcelline Roux pour Nicole Méresse, la femme qui peint, dont l’atelier a brûlé le 2 janvier 2024.
Ce texte a été mis en voix par Véronique Jolly accompagnée à la contrebasse électrique par Thierry Lévêque
dans le cadre du Parcours d’artiste 2025.
Un arbre tombe,
un arbre est mort.
Une femme le regarde, peint ses couleurs.
Grâce à elle, l’arbre mort se meurt un peu moins.
Son tronc n’offre plus de résistance
sauf pour elle qui tente de saisir les ultimes nuances.
La force, la vie s’enfuit le long des saisons.
La femme aussi s’expose aux saisons,
spectatrice incrédule devant la floraison printanière,
coude replié sous la tête,
persuadée de la brièveté de toute joie.
Dénudée par l’été, elle avance dans la mer
le corps trébuchant sur les rochers.
L’automne et l’hiver, elle se courbe,
le dehors la bouscule, tempête,
des traits barrent le paysage et son regard.
Pressent-elle qu’en hiver,
elle sera éprouvée, mise à nue par la perte ?
Un deux janvier,
ce n’est pas le froid qui meurtrit
mais le feu qui détruit.
En quelques heures, son atelier, sa vie de peintre, anéantis.
L’arbre mort garde mémoire des incendies qui mordent la sève.
La femme peintre cache ses souvenirs entamés,
recolle des bouts de dessins, débute un carnet,
tant de toiles peintes qu’elle ne reverra plus,
pensées fugitives aussi éphémères que les pétales d’un printemps.
Elle cherche en vain les couleurs de sa dernière toile,
«Le rapace sur le monde», son oeuvre majeure disparue,
elle pleure.
L’incendie mord en mode mineur.
Face à l’arbre mort,
la femme peint,
n’abandonne pas,
s’y remet.
Quand l’incendie mord son élan,
elle ajoute des couleurs au bois pourri, calciné d’une vie passée,
dépose l’épaisseur d’une présence,
ajoute des couches, des traces,
refait le chemin vers quelques éclats
dans l’oubli des cendres.
Pour elle, on a laissé le tronc intact
sur le lieu de sa chute,
avant de le dépecer, couper,
on attend qu’elle termine le tableau.
Respect de l’acte créateur,
respect du temps d’avant la chute.
Qui dira ce qu’il a vécu auprès de cet arbre mort ?
Qui dira ce qu’il a vécu dans l’atelier disparu ?
Qui verra dans les cendres les oeuvres brûlées,
trois vies d’artistes consumées ?
L’incendie mord sans regarder.
L’incendie mord sans parler.
Le geste intact de la femme qui peint,
survit par instinct,
son trait, son style
immédiatement identifiable
immédiatement sien.
Peindre un arbre mort,
ce qui ressurgit sous l’écorce
l’ombre portée des branches
les images disparues que chacun porte
des toiles rangées, oubliées, ensevelies.
Peindre un arbre tombé pour se relever.
Refaire atelier provisoire au bout d’un jardin
dans un coin de banlieue
tout n’est pas perdu
puisque la femme qui peint,
revient en bicyclette
été et hiver,
vit un cycle de saisons après la disparition.
Elle pose une toile à même le sol,
un morceau de papier sur une table.
La femme qui peint continue
malgré le trou trop grand laissé par le feu,
malgré la morsure qui dure,
malgré l’incendie qui noircit.
La femme qui peint aide secrètement
à s’accrocher à l’acte,
si ténu, si fort, de créer.
Le parcours n’est pas englouti
même si les tableaux ne reviendront plus danser devant son regard.
Devant le tronc mort,
une faille s’ouvre : palimpseste de tous les coups de pinceaux.
La femme peint la renaissance,
même si elle l’ignore encore
en retournant chez elle en bicyclette.
Le tronc est sauvé par son regard.
Sur la toile, l’arbre mort existe encore.
Comme les tournesols accrochés,
avec lesquels je vis
et que la femme a peint longtemps avant l’incendie.
Le grand tableau vert
devant lequel je suis tous les matins
est aussi un rescapé du feu.
J’avais oublié Ueli Gygax
qui a peint le jardin de sa maison à Seeberg.
Il n’a pu terminer cette toile,
pas eu le temps,
il a brûlé au milieu de ses oeuvres le 2 février 1971, à l’age de 43 ans.
Seuls les tableaux dans les pièces sous son atelier ont été sauvés.
Sa soeur Madeleine, est venue tous les jours
chercher objets et restes dans les décombres.
Sa nièce Annette avait 9 ans,
elle n’a jamais oublié son oncle peintre qui brûle dans son atelier.
Chaque jour, elle lui écrit une phrase.
L’incendie mord l’enfance.
Ce tableau inachevé,
cette graine projetée hors des flammes
a trouvé refuge dans ma cuisine
sous mon regard,
fragment indicible d’une vie d’artiste carbonisée.
La perte d’un atelier, de carnets, de croquis, de toiles inachevées et achevées,
tournées vers le mur qui attendaient encore notre regard,
perte inconcevable pour nous qui n’avons pas passé une vie à peindre.
Arrachement non quantifiable ni qualifiable
pas même comparable à
l’explosion de la bibliothèque londonienne de Virginia Woolf sous les bombardements,
livres et manuscrits éclatés dans la rue.
Après la sidération, Virginia s’est étrangement sentie allégée, débarrassée.
Ne pas avoir à déblayer, à emporter d’infimes restes.
Dans les gravas, elle retrouve toutefois son journal.
J e ne peux ressentir la perte de la femme peintre et de ses amies.
Pas de gravas à fouiller, aucune trace, juste une poutre calcinée.
De la poutre calcinée au tronc d’arbre mort,
la femme qui peint a fait le chemin.
L’incendie n’a pas mordu toute sa sève.
Elle s’étonne des couleurs qui reviennent.
De nouveaux pigments venus de Marrakech lui ont été offerts :
bleu d’atlas, rouge racine, noir encre de seiche.
Une toile lui a été donnée,
la femme qui peint dépose le geste d’après
celui qui pourrait susciter un soupçon d’air frais.
Un atelier brûle
une bibliothèque brûle,
l’air brûle,
dérèglements profonds qui nous secouent.
Face à l’angoisse
de l’à quoi bon
du plus rien à faire
du plus rien à tenter
du c’est déjà trop tard,
la femme qui peint enfourche sa bicyclette
grimpe sous la canicule
rejoint son atelier provisoire.
Il ne faudrait pas qu’un arbre tombe pour rien,
qu’une forêt brûle
qu’un atelier brûle et qu’on n’en sache rien
que l’incendie ait tout mordu.
Se souvient-elle du professeur de philosophie
dans le film de Kurosawa, Madadayo,
le professeur trouve refuge dans une minuscule cabane en bois
la guerre a brûlé sa maison,
il continue de calligraphier ses haïkus avec l’eau de pluie.
A chacun de ses anniversaires, il hurle : Madadayo ! Madadayo !
Pas encore ! Pas encore !
Pas encore prêt à abandonner !
La femme qui peint a posé des fleurs sur le rebord de la fenêtre
de petites toiles éclosent
près des arbres et des pommes
la femme peint cet élan.
Elle mord dans ses souvenirs.
L’incendie n’a pas tout avalé.
De nouvelles couleurs surgissent des fumées noires.
La femme qui peint ne laisse pas s’éteindre le temps des cerises.
Reste aux regardeurs à traquer ces gestes qui mordent le néant.